« Ecrire c’est dire le monde »Cette formule d’Edouard Glissant pourrait s’appliquer à Thierry Pécou.Depuis longtemps, et sans posture spectaculaire de rupture, ce compositeur a refusé de partir à la conquête des nouveaux ou des anciens territoires de l’histoire de la musique occidentale.
A ceux qui veulent l’écouter, Thierry Pécou dit le monde, son étendue, sa beauté, son chaos aussi, avec la souffrance des hommes et leurs mémoires mutilées. La transe du candomblé bahianais, la suavité mélodique mozartienne, l’artisanat virtuose de l’orchestration, l’archéologie musicale précolombienne: toutes ces différences s’entremêlent sans se perdre dans le tout-monde que Thierry Pécou nous donne à entendre.
Mais c’est bien là son mystère : quelle que soit sa force, l’ampleur de sa visée, cette musique reste toujours à la mesure de l’homme et de sa fragilité.
Jean-Luc Tamby